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Titre : Les Règles d’usage
Auteure : Joyce Maynard
Date : 2003 (2016 en France)
Nombre de pages : 472

  • L’Intrigue

Wendy a 13 ans et vit à New-York avec sa mère, son beau-père Josh et son demi-frère de 4 ans. Mais un jour, tout bascule : le 11 septembre 2001, sa mère part travailler comme à son habitude dans les tours jumelles et ne revient pas.
Plus les jours passent et plus l’espoir de la revoir vivante disparaît. Commence alors un temps de deuil, d’incompréhension et de colère.
Son père biologique décide de venir la chercher et de l’emmener en Californie sans lui demander son avis, afin de la faire changer d’air. Wendy se retrouve coupée entre ses deux vies, son foyer new-yorkais et cette nouvelle vie beaucoup plus libre.

 

  • Ce que j’en ai pensé

Ceux qui suivent ce blog depuis un certain temps le savent…Joyce Maynard est une de mes grandes découvertes des dernières années et la plus part du temps, j’adore ces œuvres.

Mon préféré reste sans hésiter Long Week-end, un magnifique roman qui avait été un coup de cœur et que je ne peux que vous conseiller.

Donc quand j’ai vu que Miss Bouquinaix avait ce roman dans sa bibliothèque, je n’ai pas hésité deux secondes et je lui ai emprunté.
Et j’ai bien fait, parce que j’ai passé un très bon moment de lecture!

Je trouve sa plume toujours aussi agréable, les pages filaient sans le moindre mal et j’ai vraiment pris plaisir à cette lecture.

Comme à son habitude, l’auteure réussi à parler très bien de l’adolescence et de ses tourments. C’est d’ailleurs son thème le plus récurent : l’adolescence et ses doutes, ses émotions exacerbés.
Or ici, non seulement Wendy se débat avec les hormones (^^), mais elle doit aussi faire face à une situation absolument terrible, la perte brutale d’un parent.

Wendy doit non seulement s’accepter, se trouver en tant qu’adulte en devenir, mais doit aussi faire son deuil, accepter la mort de sa mère, la situation compliquée avec son beau-père et son père biologique et prendre des décisions. Rien d’évident donc !

Joyce Maynard a écrit ce roman en 2003, soit assez peu de temps après cet acte terroriste (oui, il faudra plus de 10 ans pour qu’il soit traduit en France). J’imagine que l’écho a dû être important.
J’ai trouvé qu’elle avait très bien parlé et traité le 11 septembre 2001, ce qui n’est pourtant pas simple. Elle le fait sans pathos, sans exagérer et tomber dans le trash. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de me sentir très mal quand Wendy essaye de s’empêcher d’imaginer comment sa mère est morte. Ces passages sont vraiment difficiles.

On a toutes les variations de sentiments pendant ce roman : la peur, l’espoir, la haine, la résignation, une forme d’indifférence à tout, puis le début de la reconstruction.

Elle rencontrera plusieurs personnages secondaires assez attachants, qui vont l’aider à faire son deuil et à avancer. J’ai beaucoup aimé le libraire, j’ai trouvé que c’était un très beau personnage, son amour pour son fils autiste et son combat étaient vraiment très beaux.

De même pour la compagne du père biologique de Wendy, je lui ai trouvé une personnalité très belle et forte, j’aurais vraiment aimé mieux la connaitre.
Ces deux personnages ont fait beaucoup de bien à Wendy, comme le fait d’avoir quitté son foyer et d’être allée dans un endroit nouveau et inconnu, où elle n’était plus seulement la fille-dont-la-mère-était-morte. Cela a été très bénéfique, même si je trouve cela très égoïste pour le petit frère de 4 ans, qui avait vraiment besoin de sa sœur.

Cependant… je dois dire qu’ils ont eu de la chance que Wendy soit une ado « sensée ». Parce qu’elle ne fait que de sécher pendant un trimestre les cours et de se balader un peu partout. Elle aurait pu se faire enlever, tuer sans que personne ne sache où commencer à la chercher. Ou elle-même aurait pu faire des « bêtises » comme boire, commencer à se droguer, coucher avec des hommes, commettre des délits.

Mine de rien, je trouve qu’elle a eu beaucoup de chance durant son séjour en Californie – ou peut-être que je vois tout en noir maintenant que j’ai deux enfants à protéger – et j’en voulais un peu au père biologique de ne pas prêter plus d’attention à sa fille.

Ce déménagement va également être l’occasion pour Wendy d’apprendre à connaitre son père et à se rendre compte qu’elle l’avait complètement idéalisé, puisqu’elle ne le voyait jamais. Et petit à petit, elle va voir tout ce que sa mère a fait pour elle et quelles armes elle lui a donné pour le futur.

Malgré les thèmes très sombres, il y a une part de lumière et d’espoir dans ce roman. C’est vraiment le récit de la reconstruction d’une jeune fille, vers des jours meilleurs. Plus forte qu’auparavant et prête à affronter ses malheurs.

 

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Une fois de plus, j’ai donc été séduite par sa plume! Un beau roman sur l’adolescence, le deuil et la reconstruction, j’ai adoré ce roman et je ne peux que vous le conseiller. J’ai hâte de lire un autre de ses ouvrages.

  • Extrait

Quand on a un enfant, il se passe un phénomène bizarre, lui avait dit un jour sa mère. Le truc dont j’avais le plus peur, c’était la mort. Mais une fois que je t’ai eue, ce n’était plus pareil. Le pire, ce serait qu’il t’arrive quelque chose.

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