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Titre : Les Papiers posthumes du Pickwick Club
Auteur : Charles Dickens
Date : 1836-1837
Nombre de pages : 504/504

  • L’Intrigue

Un jour, le Pickwick Club, qui réunit plusieurs gentleman anglais décide de fonder une association de « membres correspondants », qui permettrait à plusieurs membres de voyager à travers le pays pour rassembler des témoignages et les envoyer au siège à Londres.
Le groupe est composé du fondateur du Club, Samuel Pickwick, ainsi que de trois de ses amis, Tracy Tupman, grand admirateur du beau sexe, Augustus Snodgrass, poète, et Nathaniel Winkle, qui a la réputation d’un grand sportif.

Le résumé est pas top…mais franchement, il ne m’avait pas vraiment attiré au premier abord non plus…

  • Ce que j’en ai pensé

J’avais récupéré ces deux tomes lors d’une braderie d’une médiathèque, au cours d’un de mes stages en 2011. Autant dire que cela date un peu…je m’étais dit qu’on ne devait jamais hésiter devant des classiques. Mon édition date donc de 1958, celle-ci non plus ne date donc pas d’hier…

Je dois avouer que je suis assez fière de moi : j’ai réussi à lire ces deux tomes dans les temps et avec plaisir en plus!
Il s’agissait de ma lecture de la Book-Jar de juillet. Je dois dire que je pensais abandonner en cours de route, vers la moitié du tome 1, histoire de dire que j’avais essayé et voilà.

Mais finalement, j’ai lu le premier tome, mais j’ai même enchaîné immédiatement avec le deuxième, dont je voulais mettre la lecture à plus tard, si jamais j’arrivais à finir le premier tome…

Alors pourquoi autant d’a-priori? La couverture ne donnait pas forcément envie…le nombre de pages (1000 quand même), ainsi que le résumé ne m’enchantait pas des masses…
Il s’agit de ma deuxième lecture de Charles Dickens, la première étant De grandes Espérances, que j’avais bien aimé.

Et finalement, je suis bien contente de lui avoir laissé une chance, parce que ma lecture fut plutôt fort agréable!

Cette lecture m’a occupé un peu plus de la première moitié de juillet…il faut dire que j’avais pris la décision de ne lire que 50 pages obligatoirement par jour…le reste étant bonus. Une bonne manière de venir à bout des classiques! Et si j’ai eu une petite baisse de régime au début du deuxième tome, j’ai vite repris le plis pour la suite et finalement, je lisais environ 70 à 90 pages par jour.

Ce roman (coupé ici en deux tomes par souci de place je pense) est en fait le recueil d’un feuilleton de Charles Dickens publié de 1836 à 1837. Il s’agit de la première oeuvre écrite de l’auteur, donc ce n’est pas n’importe quoi non plus! C’est à ce feuilleton qu’il doit le début de son succès et sa renommée. En effet, le Club de Pickwick a tout de suite été un grand succès.

On voit une grande différence entre le début du récit et la fin d’ailleurs : on sent au début du feuilleton que Charles Dickens n’a pas encore réellement dans l’idée de faire un fil conducteur avec l’histoire, il s’agit plutôt de petits récits mettant en scène les mêmes protagonistes, mais sans réel lien entre eux.
Puis petit à petit se dessine l’intrigue, les personnages gagnent en profondeur et le feuilleton tend vers un but.
On les suit donc dans leurs voyages, vie quotidienne, visites aux amis…

Alors qu’au début, ces histoires avaient une vocation avant tout comique, elles finissent par avoir un véritable effet de « roman d’apprentissage », ou Monsieur Pickwick apprend à mieux juger les gens et les faits et à se remettre en question.

C’est un récit assez drôle, mais si on est honnête, j’ai trouvé que c’était un humour assez attendu, limite potache, surtout au début. On ne peut pas dire qu’il y a un grand suspense, Charles Dickens traite de situation assez ordinaire par le rire, quitte à bien bien forcer le trait.
C’est ainsi qu’il met en avant des thèmes comme la corruption de la justice, la misère, les magouilles et la malhonnêteté en les traitant par le rire, avec des personnages comme l’avocat malhonnête, le bourgeois naïf et arnaqué, la plaignante menteuse, l’acteur séducteur…

Bref, il dénonce les excès et les injustices en ridiculisant finalement les « mauvais personnages », même si le pauvre Pickwick s’en prend plein la figure. C’est donc aussi bien un roman satirique qu’un roman d’apprentissage.

Ce que j’ai préféré, cela a été le duo Sam / Monsieur Pickwick. Ils avaient une excellente dynamique, leurs scènes et répliques étaient un vrai plaisir à suivre. Le dévouement de Sam pour son patron est assez émouvant.

Très clairement Sam est mon personnage préféré d’ailleurs. Ses réflexions toujours à propos, même si parfois elles sont très insolentes, sont souvent très drôle, c’est un personnage très touchant et agréable à suivre, plein d’entrain, d’enthousiasme : il a vraiment amené de la fraîcheur dans le récit. C’est avec lui que je suis vraiment rentré dans l’histoire.

Mais les autres personnages sont très sympathiques à suivre également.
Monsieur Pickwick est un personnage qui change énormément au fil des chapitres. Il devient plus humble, plus intelligent et bien plus touchant à suivre. Alors qu’il est assez ridicule et qu’on rit de lui au début, à la fin, on rit avec lui de ses ennemis.

Ses compagnons aussi sont drôles et touchants, surtout Monsieur Winckle, qui a force de ne jamais dire non, se forge une réputation incroyable de chasseur-duelliste-homme fort complètement fausse…Il se retrouve parfois dans des situations le pauvre…

Il y avait également régulièrement des histoires intercalées dans le récit lui-même : des contes racontés par d’autres personnages ou juste des expériences de vie…cela changeait un peu et mettait en avant des histoires plus sombres par rapport au récit.

J’ai aimé découvrir les prisons de dette avec les chapitres à la prison de la Fleet. C’était vraiment très intéressant, cela me donne d’ailleurs envie de lire Miss Dorrit, dont une grande partie de l’intrigue se passe dans un tel endroit.
J’ai beaucoup aimé en apprendre plus, la manière dont c’était organisé, comment les prisonniers vivaient, les différents points de vue…bref, un monde assez passionnant qu’on découvre en même temps que Pickwick.

La fin a des vraies allures de conclusion : les méchants se repentent quand c’est possible, tout le monde se réconcilie d’une manière ou d’une autre, il y a un petit happy-end pour tout le monde.

Il y a évidemment, encore énormément de choses à dire sur ce roman, dont je n’ai pas parlé…comme souvent avec les classiques, il y a énormément de choses à comprendre en lien avec l’époque, à expliquer…il manque toujours quelques heures d’étude avec un professeurs dans ces cas-là hélas…

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Une belle surprise donc, j’ai été ravie de lui avoir laissé une chance. Si ce n’est pas la lecture du mois, j’ai passé des moments agréables avec ce feuilleton, j’ai souvent souri, voir même ri. Je peux tout à fait comprendre le succès qu’il a eu à l’époque.

Et cela me donne envie de lire d’autres romans de Charles Dickens dans un avenir proche.

  • Extrait

– Je méditais, dit M. Pickwick, sur l’étrange mutabilité des affaires humaines.
– Je vois. Un jour on entre par la porte du palais, on sort le lendemain par la fenêtre.

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