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Titre : American Gods
Auteur : Neig Gaiman
Date : 2001
Nombre de pages : 500

  • L’Intrigue

Alors qu’il purge les derniers jours de sa peine en prison, Ombre apprend la mort de sa femme et de son meilleur ami dans un accident de voiture.
Dans l’avion qu’il le ramène chez lui, il fait la connaissance d’un homme appelé Voyageur qui veut l’engager comme garde du corps.
Mais rapidement, pour Ombre, les choses sont hors de contrôle. Il est question de divinités, les anciennes, folkloriques et sans fidèles à présent, qui partent en guerre contre les nouveaux dieux d’Amérique, à savoir internet, les médias, la télévision…
Mais qui est véritablement Le Voyageur et pourquoi a-t-il besoin d’Ombre?

 

  • Ce que j’en ai pensé

Pour le dernier livre du mois d’août, j’ai jeté mon dévolu sur ce roman dont on parle énormément ces derniers mois grâce à la série.
Forcément, j’ai fini par en entendre parler et à m’y intéresser d’un peu plus près, surtout après avoir visionné le trailer de la série.

J’ai déjà découvert la plume de Neil Gaiman avec deux romans jeunesse/ ado, à savoir le très célèbre Coraline (que j’ai beaucoup aimé) et le génialissme L’Etrange vie de Nobody Owens (que j’ai donc adoré, vous l’aurez compris). J’adore les univers que cet auteur dépeint, les détails et les décors qu’il plante. Franchement, j’avais plutôt un bon à-priori et j’étais curieuse de voir ce que valaient ses romans adultes les plus célèbres.

J’avais envie d’aimer ce roman, le thème me plaisait beaucoup, mais j’avais entendu plusieurs personnes critiquer le côté très trash et cela m’effrayait. Je n’aime pas du tout le sang, la surenchère, la violence dans les romans (raison principale pour les thrillers et moi…voilà quoi).
Je l’ai donc commencé avec un peu d’appréhension.
Et finalement, j’ai passé un très bon moment de lecture! Je suis ravie, j’ai vraiment beaucoup aimé et j’aurais voulu qu’il soit bien plus long. Il a d’ailleurs gagné un nombre impressionnant de prix, comme le Bram Stocker, Hugo, Nebula…

Je pense que que le plus incroyable tient du fait qu’une fois de plus, Neil Gaiman arrive à nous emmener et de faire vivre dans son univers. Celui-ci est juste époustouflant! Quelle superbe idée il a eu, de faire revivre les anciennes mythologies de cette manière!

En ce qui concerne le côté trash…je l’ai trouvé plutôt raisonnable…pas de descriptions trop horribles, pas de scènes trop longues…peut-être parce que je m’attendais à bien pire, c’est finalement passé sans problème!

Il y a tellement de choses à dire sur ce roman que je ne sais pas trop par où commencer…

J’ai beaucoup aimé le côté Road-Trip à travers une bonne partie des Etats-Unis, afin d’aller rendre visite aux différentes divinités qui y résident. Beaucoup d’heures en voiture, beaucoup d’Etats traversés, beaucoup de paysages à découvrir.

Il parle de choses assez peu « glorieuse » des Etats-Unis, comme la colonisation, le massacre des indiens, l’esclavagisme, le chômage, le racisme.

J’ai aimé En effet, l’auteur nous parle de tous les différentes types de colonisations qu’il y a eu aux Amériques, que cela soit les Vikings, les colons européens ou encore les esclaves,des négriers, ou bien les déportés d’Angleterre. Souvent, ils ne venaient pas de gaieté de cœur!

Entre chaque chapitre, Neil Gaiman nous décrit l’arrivée de différents types de population avec leurs croyances, leurs traditions et il montrait comment petit à petit, au fil des siècles, ces croyances cédaient la place à autre chose et que les différentes divinités n’arrivaient pas à réellement s’implanter.

J’ai adoré les rêves qu’Ombre fait des anciennes divinités à jamais perdu, du Bison enflammée, de l’arbre…il y a tellement de symbole, de choses à noter que c’est impressionnant.

Mais surtout il y a un humour présent durant tout le roman qui est assez savoureux. Autant être honnête, les personnages sont assez vulgaires. Voir des divinités jurer, avoir une vie quotidienne assez banale,voir catastrophique et essayer de se dépêtrer avec les problèmes que tout le monde rencontre…Cela donne des moments très drôle!

Les personnages sont très charismatiques. On a envie de rester près du Voyageur, de vivre ses aventures, de mieux le comprendre et le connaitre. Il en va de même pour Ombre, qui, en découvrant tout avec nous, nous permet vraiment une immersion complète.

Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants et passionnants. Franchement, il n’y a pas de faux pas.

Finalement, j’ai deux reproches à lui faire :

Tout d’abord, qu’il n’y ait pas d’index et de notes de bas-de-page des différentes divinités que Neil Gaiman cite.
Franchement, c’était agaçant…j’avais l’impression de rater quelque chose, de poser le doigt sur des points assez essentiels, qui faisait le « sel » de l’histoire, sans le comprendre réellement.
Il fallait que j’arrête ma lecture, que j’aille sur internet pour faire des recherches, parfois poussées, parce qu’il n’utilise pas toujours des divinités connues, pour ensuite retourner à ma lecture. Quelques lignes pour juste nous indiquer de quelle mythologie il s’agit, de quel dieu ou créatures…Cela aurait été top.

Ensuite, j’ai eu l’impression que le roman était trop court. C’est assez drôle à dire d’un roman de presque 600 pages, mais j’ai eu plusieurs fois l’impression que l’auteur allait dans tous les sens, qu’il commençait plusieurs intrigues qui auraient mérités bien plus de pages et que parfois certaines scènes se passaient très vite et j’avais du mal à suivre parfois à me dire « mais il vient de se passer quoi au juste là??« .

Ce sont donc de petits reproches comme vous le voyez. Le reste est vraiment à la hauteur.

[Attention, je dévoile la fin, franchement ne lisez pas si vous voulez garder la surprise]

J’ai beaucoup aimé la vision et l’explication que Neil Gaiman donne à propos de la religion aux Etats-Unis : Le pays est le Dieu, l’église est tout le pays. Voilà pourquoi les différents dieux n’arrivent pas à se faire une vraie place. L’Amérique les tolère, c’est tout.

Et bien évidemment, le twist final, assez grandiose, le retournement de situation assez impressionnant, il fallait y penser. Je n’ai pas du tout réussi à deviner jusqu’à la fin ce qui allait se produire, j’ai donc été contente de ma lecture, même si j’ai été un peu triste qu’Odin soit finalement un véritable connard et méchant, près à tout pour récupérer de la puissance, quitte à faire un énorme bain de sang de divinités. C’est quand même très moche. C’était un personnage tellement charismatique, tellement intéressant que j’ai été triste de le voir partir comme ça.

Je n’ai pas été très surprise pour la femme d’Ombre, cela pouvait difficilement terminer autrement.

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Un petit mot sur la première saison de la série réalisée en 2017 que j’ai visionné durant le mois de septembre :
J’ai beaucoup aimé cette première saison. L’image, le son, vraiment cette série est très belle. Mais vraiment, ils ont fait un effort sur l’image, tout est beau, féerique, c’est très agréable à regarder et admirer.
Il y a un côté sanglant qui est accentué, soyons honnête, mais cela m’a fait penser à Tarantino plus qu’à autre chose, c’est souvent assez grotesque et irréaliste, il est donc plus difficile d’y croire.
Les acteurs sont tous excellents. Magnifique casting, ils ont fait leur rôle à la perfection. Tout particulièrement le Voyageur qui a une présence absolument extraordinaire.
La série s’éloigne sur plusieurs points de l’intrigue du roman par contre et suit d’autres pistes. Je serais donc très curieuse de voir la saison 2. Mais je ne peux que conseiller cette série pour ceux qui n’ont pas forcément envie de lire le livre.

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Une lecture que j’ai donc beaucoup apprécié, un univers magique et détaillé, des personnages géniaux, une intrigue qui tient en haleine…franchement, plus j’y pense et plus j’y pense agréablement.
Malgré le côté un peu trash et vulgaire, je ne peux que vous conseiller cette lecture.

 

  • Extrait

Pour croire, nous ne possédons que nos sens et nos outils de perception du monde : vue, toucher, mémoire. S’ils nous mentent, nous ne pouvons nous fier à rien. Même si nous ne les croyons pas, nous restons incapables d’emprunter une autre route que celle qu’ils nous indiquent. Et nous devons la suivre jusqu’au bout.