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Titre : Morwenna 
Auteure : Jo Walton
Date : 2010 (2014 en France)
Nombre de pages : 418

 

  • L’Intrigue

Morwenna Phelps se retrouve grâce à son père dans une petite école privée en Angleterre, échappant ainsi à l’emprise de sa mère.
Elle essaye de se remettre de l’accident qui a tué sa sœur jumelle et l’a rendu boiteuse. En processus de deuil, étrangère et moquée par ses camarades, elle se réfugie dans la lecture et dévore les romans de science-fiction.

Mais Morwenna n’est pas une jeune fille ordinaire. Elle connait l’existence de la magie, des fées et essaye de se protéger des mauvais sorts que sa mère lui envoie. Et de retrouver la joie de vivre.

 

  • Ce que j’en ai pensé

C’est grâce à ma belle-mère et à la box Exploratology que j’ai pu lire ce roman.
On l’avait abonné pour trois mois à la Box et elle avait reçu celui-ci au mois de juillet.
Je commençais à le voir un peu sur les réseaux sociaux et j’ai été ravie de lui emprunter.

J’ai passé un bon moment de lecture. Pourtant, j’ai mis énormément de temps à le lire (10 jours pour 420 pages, pour moi, c’est beaucoup), mais fin septembre, j’avais la tête ailleurs et la fatigue bien présente. Je l’ai donc lu par morceaux, assez lentement.

Mais ce fut une lecture agréable et je suis contente de l’avoir faite. Il a d’ailleurs reçu quelques récompenses prestigieuses, comme le Prix Hugo, le Prix Nebula ou encore le British Fantasy Award. 

Pourtant, malgré cet avis positif, j’ai encore du mal à cerner ce roman. Il est étrange, original, voir bizarre…
Une chose est sûre : ce roman a quelque chose. Il attire, on y pense et repense (moi en tout cas) et même si je suis étonnée, je suis ravie de ne pas être passé à côté.

Ecrit sous la forme d’un journal intime, on suit le quotidien de Morwenna donc, une jeune fille de 15/16 ans.
Sa vie est loin d’être évidente : handicapée (elle boite et souffre ), en deuil (elle a perdu sa sœur jumelle), seule et exclue des autres élèves (étrangère, avec un accent et rentrant pas dans les bonnes cases), poursuivie par sa mère complètement folle et responsable de l’accident, elle est obligée de se remettre entre les mains de son père qu’elle ne connait absolument pas et de vivre dans ce pensionnat triste et seule, loin des derniers membres de sa famille. On a vu mieux comme adolescence. 

Malgré tout, elle essaye de s’en sortir, de trouver des points positifs, d’avancer et de grandir. Elle se pose également des questions basiques de l’adolescence, la transformation du corps, les garçons, l’amour et la sexualité, son futur…
C’est un personnage vraiment touchant en fait, on a envie que tout se passe bien pour elle, on a envie de la voir remonter la pente, trouver des amis et enfin se remettre de tous ses drames. De ce côté-là, l’auteure a vraiment réussi l’aspect « empathie » avec le lecteur.

J’ai trouvé sa vision de la magie vraiment intéressante et originale. La magie est partout, on ne sait jamais si quand on la pratique cela marche vraiment, ou si cela allait de toute manière se produire. La magie est dans de tous petits gestes, dans des pensées, des récitations, dans les objets et les actes. On peut beaucoup et finalement peu.
Mon explication est loin d’être claire, je m’en rends compte…mais c’est assez vague dans mon esprit également…En gros « faire c’est faire » comme disent les fées ^^ et la magie a un aspect nébuleux et vague. 

La vision des fées est également intéressantes. J’ai aimé ses explications sur leurs natures, leurs manières de communiquer. Ce petit aperçu du folklore gallois était intéressant à découvrir.

De plus, ce livre est une énorme déclaration d’amour à la littérature et aux livres, en particulier la science-fiction. Pour dire la vérité, je lis très peu (voir presque pas) de science-fiction, je n’aime pas trop cela. Mais des hymnes aux livres, j’adore et j’ai vraiment aimé cet amour de la littérature et des livres que Morwenna collectionne et lit.

Morwenna parle aussi énormément de bibliothèques (scolaires, privée ou municipales) de librairies (petites ou grandes chaîne) ou encore de clubs de lecture.

Elle évoque aussi la beauté du prêt inter-bibliothèque et je trouve cela génial. Souvent, les mineurs ont accès aux collections gratuitement et la possibilité d’avoir des navettes entre elles pour acheminer les livres désirés est juste génial.

Je suis tellement d’accord avec elle. C’est tellement incroyable et précieux de pouvoir avoir accès à ces endroits.
Quand je vais à la médiathèque, j’ai l’impression que c’est noël. On peut emprunter ce qu’on veut, pour un temps limité certes, mais quel choix, que de possibilité! Et tout cela ou gratuitement – mais ne rêvons pas, on le paye avec nos impôts – ou en contrepartie d’une petite somme (qui ne représente pas grand chose face à tout ce que vous pouvez emprunter). J’en aurais pour des centaines d’euros à chaque fois, entre albums, documentaires, livres CD, contes, BDs, romans à chaque fois. Avoir des bibliothèques municipales est une véritable chance et j’ai souvent l’impression que les gens l’oublient et le prennent pour acquis.

Tout cela pour dire, je suis d’accord avec Morwenna et Jo Walton, vive les bibliothèques, les livres et la littérature! 

|Attention, je dévoile des événements et la fin]

Je n’ai pas du tout compris à quoi servait la mini-scène où son père saoul essaye de l’embrasser et qu’elle le repousse, se demandant si on peut réellement parler d’inceste ou si elle aurait du se laisser faire (??!??). On y revient absolument pas, cela ne cadre pas trop avec l’image de Daniel par la suite…bref, je n’ai pas compris.

Une autre chose qui m’a un peu dérangé, c’est que j’étais dans l’attente de quelque chose…n’importe quoi et qui n’est pas vraiment venu. Il n’y a pas réellement d’action dans ce roman, il faut le dire. J’ai attendu une sorte de catastrophe pendant tout le roman (sa mère, les tantes, la magie, n’importe quoi!) et en fait, non, il n’y a rien de tout cela.
Cela ne m’a pas vraiment déçue, mais plutôt étonnée. Cependant, je pense que cela va avec mon ressenti assez étrange de ce roman.

J’ai également trouvé la fin assez brusque et rapide, comme si l’auteure ne savait pas vraiment comment terminer son histoire, où mettre le point final. En quelques pages, hop, c’était fini, les fées, sa sœur qu’elle envoie dans l’au-delà, sa confrontation avec sa mère…
Les dernières pages sont jolies, une belle déclaration à la vie, à l’amour, aux livres encore et on ne peut s’empêcher de refermer ce livre avec le sourire.

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Un roman assez étrange, un roman intime d’une jeune fille de 15 ans qui voit des fées et adore la lecture, des liens familiaux compliqués, une manière inhabituelle de voir la magie…ce livre est tout cela à la fois.
J’ai aimé cette lecture et je vous la recommande.

  • Extrait

Bibliotropes. Comme les tournesols sont héliotropes, nous sommes naturellement attirés par la librairie.