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Titre : Le quatrième Mur
Auteur : Sorj Chalandon
Date : 2013
Nombre de pages : 326

  • L’Intrigue

Samuel est un metteur en scène. il a passé une grande partie de sa vie en tant que réfugié politique. Il a un grand rêve, monter la pièce Antigone d’Anouilh à Beyrouth avec des acteurs de toutes les communautés possible.
George va devoir réaliser ce rêve quand Samuel ne pourra plus le porter. Il va donc s’envoler pour le Liban en guerre en 1982, dans l’espoir de créer une paix fragile pour quelques heures.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai commencé ce roman sous forme de livre audio avant de laisser tomber (en ce moment, les livres audios ne sont pas fait pour moi…Cela ne va pas assez vite, je m’ennuie, je n’arrive pas à garder l’intérêt…on réessayera dans quelques années) et j’ai fini par le reprendre au bout de plusieurs semaines en version papier. Et cette fois-ci, je l’ai terminé en une seule journée.

Je ne sais pas quoi penser de ce roman. Je ne sais pas où le classer dans mes catégories. Je ne sais même pas si je veux le garder dans ma bibliothèque. Franchement, je ne sais pas trop, même un mois après ma lecture.

Pendant ma lecture, je suis passée par tellement de stade : étonnée, curieuse, furieuse, dégoûtée, au bord de la nausée, choquée et attristée. J’ai envie de dire que c’est plutôt pas mal pour un roman.

Et je ne peux pas foncièrement dire que je l’ai trouvé mauvais. Au contraire, ce fut un roman très intéressant, plutôt bien écrit et prenant. Mais je me suis dépêchée de le terminer tellement j’étais écœurée et révoltée par ce que je lisais et que je n’avais qu’une seule envie, le finir, le poser et passer très vite à autre chose.

Ce fut ma découverte de l’auteur et même si je suis séduite, je n’aurais peut-être pas du commencer par celui-ci. Mais je serais curieuse de découvrir d’autres de ses romans.

Sorj Chaladon traite dans ce roman du conflit israélo-palestinne (en gros, je simplifie à fond) à travers la guerre du Liban en 1982. Donc les guerres civiles, les attentats, les massacres de population civile, les communautés qui s’entre-tuent tellement qu’une trêve semble impossible. C’est extrêmement violent et franchement, l’auteur ne nous épargne pas. J’ai même pensé à un certain moment qu’il en faisait trop.

Mais en même temps, pourquoi prendre des gants? Oui des passages m’ont en effet choqué, mais moi bien installée dans mon canapé avec ma tasse de thé au chaud, à l’abri, je me suis sentie…capricieuse et précieuse en me sentant choquée en fait. Ce n’est pas de la surenchère ce qu’il fait. Il parle de manière finalement assez neutre ce qu’il s’est commis durant ces années et qui continue d’arriver dans cette région du monde.

Mon Dieu que la situation là-bas est pourrie…pourrie jusqu’à la moelle.
Après avoir refermé ce roman, j’ai le sentiment qu’ils ne vont jamais s’en sortir. C’est impossible. Trop de haine, de massacres, d’humiliation de torture trop de tout. Et ils surenchérissent à chaque fois, appelant au meurtre au nom d’un œil pour un œil.

Si je connaissais vaguement la situation du Liban et son état de guerre durant ces années, je ne me rendais absolument pas compte de ce que cela voulait dire et rien que pour cela, je suis contente de l’avoir lu.

Le style de Sorj Chalandon est agréable à suivre. Il est très visuel dans ses descriptions, on a vraiment l’impression d’y être.

L’idée de la pièce de théâtre de Samuel était très belle, mais quasi-irréalisable. Amener toutes les communautés différentes à jouer ensemble une pièce qui parle de résistance c’était un pari très risqué et une idée de rêveur.
Il suffisait de voir comment chaque communauté interprétait la pièce après l’avoir lu. Tous y trouvaient un compte et une raison de continuer la lutte pour leurs communautés. J’ai vraiment eu l’impression que très peu saisissaient vraiment le message d’Antigone.

Le personnage de George m’a agacé et fait beaucoup de peine à la fois. C’est absolument terrible ce qui lui arrive, il n’est pas épargné loin de là.

Je préfère ne pas trop m’attarder sur l’intrigue afin de ne pas en dévoiler trop. C’est trop compliqué de toute manière.

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Vous l’avez compris…je ne sais pas quoi penser de ce roman. Il est formidable, il est violent, il est glacial, il est traumatisant, il est essentiel et pourtant, avoir toutes ses images en tête…par égoïsme, j’aurais préféré ne pas le lire.

Cependant, il faut arrêter de se leurrer, de baisser la tête et les yeux et enfin se rendre compte du mouroir qu’est devenu le Moyen-Orient et enfin, y faire quelque chose de concret au niveau international.

Je ne le relirais pas, mais je suis curieuse de découvrir ses autres romans maintenant.

  • Extrait

Tirs au loin. J’ai sursauté. Mes premiers bruits de guerre. Des craquements de bois, l’écho sec du métal à travers la ville.
-Qui tire?
-C’est le Liban qui tire sur le Liban.