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Titre : Le Livre de Dina 
Autrice : Herbjorg Wassmo
Date : 1989 (1994 en France)
Nombre de pages : 638

  • L’Intrigue

Dina a été une petite fille livrée à elle-même et sans amour depuis la mort accidentelle de sa mère et le rejet de son père. Elle grandit sans tendresse ou éducation et devient complètement sauvage et imperméable à toute contrainte.
Elle devient alors une jeune fille aux émotions impénétrables, aux fantasmes quasi-fous et au caractère violent. Son père désespère de jamais la marier quand Jacob Grønelv, un ami, tombe sous son charme. Son destin commence alors.

  • Ce que j’en ai pensé

Je pense que cela faisait bien deux ans que j’avais ce livre dans ma PAL. J’avais adoré Cent ans, lu quelques années plus tôt et j’étais très curieuse de découvrir un de ses romans les plus connus.

Cet ouvrage est une intégrale qui comporte donc la trilogie :
1. Les Limons vides
2. Les Vivants aussi
3. Mon bien-aimé est à moi

Comme j’ai tout lu en une seule fois, je vais parler de la trilogie en entière.

D’ailleurs mon édition m’indique que deux autres trilogies, à savoir « Fils de la Providence » et « L’Héritage de Karna » sont du même univers que celle-ci et qu’on retrouve donc plusieurs personnages.

J’avais énormément d’attentes avec ce roman. Mais vraiment énormément. J’ai été un peu surprise au début, mais finalement, j’ai passé un excellent moment de lecture. Il fut presque un coup de cœur, c’est tout dire!

Pourtant, j’ai eu un peu de mal avec l’héroïne au début. Je n’arrivais pas à comprendre, à la cerner. J’avais du mal avec ses manières, sa façon de se comporter ou de parler. Si je lui trouvais des excuses au début dû à sa situation et à son âge, j’ai commencé à la trouver un peu égoïste lors de ce premier tome.

Mais j’ai trouvé son évolution très intéressante et son caractère, même s’il est particulier parfois.
Laissée complètement à l’abandon durant son enfance, pas aimée, pas choyée, pas éduquée, on a vraiment l’impression qu’il lui manque les « codes » pour vivre en société.
Au début, elle part dans tous les sens, elle explore, elle n’écoute rien ni personne.  Elle semble complètement dépourvue d’empathie. Sa seule vraie relation est avec son violoncelle, qui lui permet de se détendre et d’être elle-même.

Avec le temps, elle comprend tout de même quelques aspects essentiels qui lui permettront de mieux vivre en société : si elle veut être libre, elle doit s’en donner les moyens. Donc travailler, garder la main mise sur la ferme et la faire fructifier, contrôler ce qui s’y passe.
C’est cette aisance financière qui lui permet de faire ce qu’elle veut : jurer, s’habiller en homme, fumer, dépenser l’argent comme elle le souhaite. Elle y met donc les moyens.

Bien évidemment, la position de la femme à cette époque est loin d’être folichonne. On passe de « fille de » à « femme de » et enfin à « mère de ». Les femmes douces et sages sont mises en avant et les caractères compliqués ne sont pas appréciés. Dina a eu de la chance d’épouser un homme riche et d’être veuve très vite (youpi youpi). 

Mais on sent bien qu’il manque quelque chose à Dina et qu’elle cache son désir d’amour dans ses méchancetés et ces provocations constantes. C’est assez triste de la voir se débattre avec tout cela, sans arriver à trouver la manière d’aimer les gens correctement. Elle voudrait un amour sans faille et infini et n’arrive pas à comprendre qu’on ne peut pas être toujours à 100%. Elle est donc une éternelle insatisfaite. Elle est tout aussi capables de grands gestes d’amour et de générosité que d’actes cruels. Elle n’a vraiment aucune mesure.

Je l’ai dit, c’est vraiment un personnage hors du commun et cela change d’avoir un tel personnage principal, c’était vraiment bien.

Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants et riches. Ils forment un cercle autour de Dina, chacun apportant sa pierre à l’édifice de sa vie.

J’ai beaucoup aimé les personnages de Karen, la belle-mère qui a tout de suite décidée de composer avec le caractère de Dina plutôt que contre elle, Anders, dont je trouvais le profil intéressant et Stine, la nourrice du fils de Dina puis son amie.

Comme pour ses autres romans, j’ai adoré m’immerger dans cet univers norvégien que je connais très mal, surtout au 19e siècle.
En particulier quand l’intrigue prend place dans une zone rurale, loin des villes, sans autre distraction sociale que quelques voisins et l’église.
C’est un monde qu’on connait mal, ces hivers noirs et violents (bonjour la déprime), ses étés florissants, à quel point tout est lié à la météo finalement. J’ai aimé découvrir leurs façons de vivre, de travailler, de s’habiller, d’élever les enfants, ou tout simplement de vivre en communauté refermée entre serviteurs et maîtres.

[Attention, je spoile la fin, toute la fin, ne lisez vraiment pas si vous voulez garder la surprise]

Franchement, c’est quoi cette fin?
J’étais vraiment vraiment furieuse.
On a beau dire que c’est logique, que cela va avec le caractère de Dina, qu’il était utopique de s’attendre à autre chose, mais je ne suis pas d’accord.

On a passé sa vie à essayer de la ranger dans des cases et à la forcer de suivre ce que la société lui dictait et elle s’est toujours rebellée à cela. Alors pourquoi refuse-t-elle cette liberté qu’elle aime tant à l’homme dont elle est amoureuse?
Elle était adulte, avait évoluée, mûrie…Ce n’était plus la petite fille de 17 ans complètement sauvage. Son intelligence aurait du contrebalancer sa folie. Furieuse j’étais!! 

Ce roman aurait presque été un coup de cœur, c’est vraiment dommage…mais vraiment, je ne peux pas accepter ça, même plusieurs jours après l’avoir terminé. De la voir si…égoïste et mauvaise finalement, alors que j’avais vraiment appris à apprécier ce personnage au fil des pages…je ne m’en suis pas remise!

Elle m’a même gâché l’envie de lire les deux autres trilogies, c’est tout dire. J’étais vraiment furieuse!^^Oui je vis les romans à fond je sais

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Une très bonne lecture donc, sauf pour mon bémol personnel. Je compte continuer petit à petit à découvrir l’oeuvre d’Herbjorg Wassmo avec toujours autant de plaisir j’espère. Je ne peux donc que vous le conseiller.

  • Extrait

Le chagrin c’est toutes les images qu’on ne peut pas voir, mais qu’il faut porter quand même..

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