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Titre : Une Forêt de laine et d’acier 
Autrice : Natsu Miyashita
Date : 2015 (2018 en France)
Nombre de pages : 244

  • L’Intrigue

Tomura assiste par hasard à un ré-accordement du piano de son école, alors qu’il est lycéen. Ébloui, il se rend compte qu’il a trouvé sa voie. Pourtant, rien ne le prédestine à ce métier : il n’a jamais touché un piano ou bien eu la moindre éducation musicale.
Il décide tout de même de s’engager dans cette voie et de tout mettre en oeuvre pour devenir un bon accordeur de piano.

  • Ce que j’en ai pensé

Si j’essaye de reprendre un peu le blog, c’est en partie pour vous parler de cette lecture inattendue.
C’est une bibliothécaire de ma ville qui est venue me le conseiller après avoir discuté avec elle d’un coup de cœur (dont j’espère parler prochainement).

Et franchement, au début, je n’étais pas très emballée…je n’en avais jamais entendu parler, le thème ne m’inspirait pas plus que cela, j’ai 200 livres dans ma PAL à lire…mais bon, refuser un conseil, c’est assez mal élevé, j’avais donc dit « merci » et j’avais emprunté ce roman.

Et franchement, je ne le regrette pas du tout.
Clairement, ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est une jolie découverte, que je n’aurais jamais faite sans cette bibliothécaire.
J’ai pris mon temps pour le lire (bon trois jours ok, mais normalement, aussi peu de pages, je le lis en une journée, voir une et demie), parce que c’est un roman qui invite à une certaine lenteur et dégustation je trouve. On est sur une sorte de roman d’apprentissage et d’hymne à la nature et la musique.

Ce que j’ai préféré de loin, c’est le style de l’autrice. J’ai peur de faire des facilités et de tomber dans la caricature, mais j’ai retrouvé un certain « style » japonais, très lent, dans l’observation des paysages, des émotions, dans l’introspection.
Je ne lis pas énormément de littérature japonaise et je ne suis pas forcément fan de ce genre d’écriture, mais ici, les descriptions de sons, intimement relié à la nature étaient vraiment très belles. C’était un véritable plaisir de les lire.

Le thème de ce roman est assez atypique : un adolescent, Tomura veut devenir accordeur de piano, alors qu’il n’a jamais reçu de sensibilité musicale. On va le suivre sur cette voie, à travers ses études et ses premières années de salarié. Il n’a pas forcément de talent inné, mais une persévérance et une envie de réussir qui le mènera pas à pas vers son objectif.

Ce que j’ai également aimé, c’est découvrir un monde inconnu : ce métier d’accordeur de piano. J’ai appris énormément de choses, sur les sons, les différents styles, les différentes méthodes, comment traiter avec les clients et entendre leurs souhaits.
Difficile en effet de se mettre d’accord avec le client, qui doit être capable de décrire le son, la tonalité, le toucher qu’il souhaite pour son piano.
Car il faut prendre tout cela en compte!

Tout comme il faut prendre en compte l’âge de l’instrument, la salle dans lequel il est, la manière dont les pieds sont tournés, le toucher du pianiste…tous ses éléments (et j’en oublie plein) peuvent changer le son de l’instrument.
C’était vraiment très intéressant à lire et à apprendre.

Tomura se pose également beaucoup de questions morales et éthiques : qui est prioritaire? Le piano ou bien le propriétaire de celui-ci?
S’il est capable de mettre le piano à son meilleur niveau possible, doit-il écouter son client qui lui demande un son qui va diminuer la beauté de celui-ci? Ou le contraire? Doit-il dire la vérité à son client ou juste le rassurer quand il se rend compte que celui-ci ne sait pas quoi demander?

On se pose aussi la question du talent, de l’abandon de ses rêves, du goût de la persévérance…Ce sont énormément de thèmes qui sont abordés.

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Vous l’aurez compris, un petit roman qui s’est révélé être une surprise agréable et une lecture plutôt marquante! Je suis vraiment contente d’être sortie de mes sentiers battus et d’avoir accepter ce conseil. Je pense le garder en tête quelque temps. N’hésitez pas à lui donner sa chance, il est suffisamment court pour tenter le coup sans prendre trop de risque.

On apprend d’ailleurs sur la quatrième de couverture qu’il a eu le prix des Libraires 2016 au Japon. Je peux comprendre pourquoi.

  • Extrait

Devant mes yeux se dressait un grand piano noir. Pas de doute possible : c’était bien un piano, laqué et imposant, au couvercle ouvert. A côté se tenait un homme. Il m’adressa un regard furtif, sans un mot, avant d’enfoncer une touche du clavier. De la forêt dissimulée dans les entrailles de l’instrument s’élevèrent une nouvelle fois ces effluves de vent dans les feuilles.