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Même si je n’ai pas pu alimenter ce blog en critiques durant ces derniers mois, j’ai eu l’occasion, à partir de fin mars de faire de belles lectures.
J’ai choisi celles que j’ai préféré pour en faire un article. Je vais donc parler très rapidement des livres suivants : 

  • Songe à la douceur de Clémentine Beauvais
  • Et soudain, la liberté d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent

Titre : Songe à la douceur
Autrice : Clémentine Beauvais
Date : 2016
Nombre de pages : 240

L’Intrigue

Tatiana rencontre Eugène. Elle a presque 15 ans, lui en a 17. C’est au milieu de l’été, elle rêve d’amours passionnés, lui s’ennui un peu. Tatiana tombe sous le charme du jeune homme et lui écrit une lettre. Mais Eugène, assez imbu de lui-même, lui répond de manière assez cavalière de et un horrible drame les sépare.
Dix ans plus tard, leurs chemins se recroisent…

Ce que j’en ai pensé

Ce roman me faisait peur…il a eu un certain succès, tout le monde ou presque en chantait les louanges, cela m’encourage rarement à me lancer, trop peur d’être déçue.
Il s’agit d’un roman ado, mais les adultes peuvent sans problème y trouver leur compte.

Et finalement, je l’ai sorti en janvier et ce fut plutôt une belle surprise.
Il s’agit d’une sorte de réadaptation-réécriture d’un roman d’Alexandre Pouchkine, intitulé « Eugène Onéguine ».
Ce qui est le plus remarquable dans ce roman, c’est évidemment son style.
Il s’agit d’un roman entièrement écrit en vers libre.
Forcément, cela impressionne et demande tout de même une certaine prouesse littéraire. De plus, il s’agit d’un vocabulaire moderne, ce qui dénote avec l’aspect très classique des vers et donne un petit plus.

Donc vraiment, le style m’a impressionné et j’ai passé un bon moment grâce à cela surtout.
En ce qui concerne l’histoire…

C’est une histoire d’amour passionné et –hélas pour les personnages– déphasé assez classique, rien de bien nouveau. J’ai aimé voir ce genre d’histoire d’amour sous un prisme très moderne finalement, avec l’aspect « dodo-métro-boulot » et les aspirations de notre génération.
Mais je n’ai pas du tout réussi à m’identifier aux personnages (ce qui n’est pas forcément un mal, mais en tant que lecteur, on aime se retrouver tout de même un peu dans les personnages…)

Disons que si je pouvais essayer de comprendre un Eugène de 17 ans (qui n’est pas franchement l’âge où on prend les décisions les plus intelligentes, donc je peux vaguement excuser sa manière complètement stupide et immature de réagir), j’ai eu beaucoup de mal à saisir les motivations de Tatiana à 25 ans (même si 25 ans, c’est bien jeune quand même). Je n’ai pas du tout la même manière de voir la vie qu’elle, donc forcément, cela n’allait pas marcher.
Mais j’avais l’impression qu’elle voulait lee beurre, l’argent du beurre et les fessiers du crémier par dessus le marché. Je peux comprendre ses décisions, qui sont tout à fait valables finalement, tout en ayant le sentiment qu’elle allait vivement le regretter plus tard.

Il n’en reste pas moins que ce fut un livre vraiment agréable à lire.
Un roman dont la forme est vraiment exceptionnelle et interessante, même si les personnages principaux n’ont pas vraiment réussi à me toucher.
Une chose est sûre, je serais attentive aux futures sorties de cette autrice et j’ai envie de découvrir le roman d »Alexandre Pouchkine, dont elle s’est inspirée.

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Titre : Et soudain, la liberté
Autrices : Evelyne Pisier et Caroline Laurent
Date : 2017
Nombre de pages : 448

Le Résumé

Mona Desforêt est la représentation de la femme parfaite de l’époque : belle, jeune, mariée à un haut fonctionnaire profondément pétainiste basé en Indochine, mère d’une charmante petite fille, la vie coule tranquillement entre les soirées, les fêtes et les longues journées au soleil.
Mais la guerre, les camps japonais et la montée du Viet Minh rendent les choses impossibles à tenir et ils fuient pour la Nouvelle-Calédonie.

À Nouméa, Mona reprend son rythme oisif et monotone. Jusqu’au jour où entrant à la bibliothèque, elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C’est alors le début d’une nouvelle vie pour elle, l’arrivée d’une conscience féministe et du rôle de faire-valoir qu’elle jouait jusqu’à présent. Sa quête pour la liberté commence.

Ce que j’en ai pensé

C’est le roman que j’avais le plus envie de découvrir de la rentrée littéraire 2017. J’ai mis du temps à le trouver en bibliothèque et je suis contente de l’avoir lu!

Ce fut une très jolie lecture, que j’ai beaucoup apprécié (même si j’ai préféré les deux premiers tiers à la fin).
Le style est plutôt agréable, c’était un plaisir de le lire. Je l’ai d’ailleurs dévoré en une journée et demie.

il s’agit donc d’une biographie rédigée à 4 mains, puisque Caroline Laurent, l’éditrice a repris le flambeau après le décès prématuré d’Evelyne Pisier (et à sa demande, je le précise…).
Il s’agissait donc de faire une biographie romancée (et ces deux mots sont importants, puisque si on suit les grandes lignes de sa vie, elles n’ont pas hésité à inventer certaines choses) principalement de la vie de sa mère, qui a été assez mouvementée.

La biographie est entre-coupée de chapitres où Caroline Laurent prend la parole, se remémorant les échanges avec Evelyne Pisier, son deuil au moment de son décès et ses difficultés de finir ce roman de manière à satisfaire au mieux la défunte.

La vie adulte de Mona est absolument incroyable. Elle a vécu des choses extraordinaires, aussi bien avant son éveil de conscience, entre sa vie en Indochine, ses semaines dans les camps japonais (dont j’ignorais totalement l’existence) , qu’après, avec son combat pour sa liberté, les causes qu’elle embrasse.
Elle a été adulte à une époque charnière pour le féminisme, l’arrivée de la contraception, la loi sur l’avortement, l’arrivée des femmes dans certains corps de métier, mai 68…
Une grosse période donc!

Ce à quoi elle n’a pas pu accéder, elle fera tout pour que sa propre fille y arrive. Evelyne fut d’ailleurs l’une des premières femmes agrégées de droit public en France. 
Cette quête de la liberté et de la vérité est parfois dure et cruelle, mais elle la mènera coûte que coûte, bien décidée à rattraper autant que possible le temps perdu.

C’était assez intéressant de voir cette épouse parfaite sous tous les rapports prendre soudain vie et indépendance et commencer à réclamer son dû pour elle et les autres femmes. Forcément parfois, elle allait trop loin dans ses envies de choix, mais cela ne la rendait que plus humaine et attachante.

La relation mère-fille était très belle aussi, même si elle s’est faite un peu dans la douleur et les difficultés. J’ai aimé voir ce que Mona souhaitait transmettre à sa fille, son envie d’égalité et de justice et son ambition.

J’ai été un peu moins passionnée par les années où Evelyne était jeune adulte…je préférais nettement entendre parler de sa mère, que je trouvais plus intéressante.

Une belle lecture, qui a été à la hauteur de mes espérances!
De plus, cela m’a donné très envie de découvrir Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, dont je me suis procurée le premier tome peu de temps après ma lecture. Je ne peux que vous engager à le lire.