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Voici donc la deuxième et avant-dernière sélection de mes meilleures lectures des cinq derniers mois. Ce sont trois livres qui furent de bonnes lectures, pas des coups de cœur, mais des romans que j’ai envie de garder dans ma bibliothèque et qui sur le moment, m’ont donné envie de lire les autres œuvres des auteurs.

Dans cet article, je vais parler des livres suivants :

  • La Fractale des raviolis de Pierre Raufast
  • L’Elégance des veuves d’Alice Ferney
  • La Porte des enfers de Laurent Gaudé

Titre : La Fractale des raviolis 
Auteur : Pierre Raufast
Date : 2014
Nombre de pages : 268

Le Résumé

Excédée et malheureuse, une femme sans cesse trompée décide d’empoisonner son mari volage avec des raviolis de sa composition. Elle met minutieusement son plan à exécution, quand au moment de servir le plat, un souvenir lui revient.
Aussitôt une autre histoire commence…

Ce que j’en ai pensé

C’est sur les conseils d’une amie que j’avais acheté d’occasion ce roman, que je connaissais déjà de nom.

Quel étrange petit livre que ce roman! Je ne m’attendais pas à cela! Je savais qu’il était particulier, que son auteur avait pour habitude de prendre des thèmes assez inhabituels, mais j’ai été très surprise par ma lecture!

Autant le dire tout de suite, j’ai passé un bon moment! D’abord un peu étonnée par le style, j’ai fini par me laisser porter et entrer dedans. Je conseille par contre d’essayer d’y consacrer une après-midi et de le lire en une fois, afin de ne pas perdre le fil.

C’est clairement le style du récit qui fait la force de ce petit livre. Ce style est ce qu’on appelle un récit gigogne, c’est à dire que, telle une poupée russe, on interrompt le récit en cours pour commencer un autre récit (avec un lien parfois ténu entre les deux) et ainsi de suite, jusqu’à arriver à un dernier récit, puis on termine un à un les autres histoires…(d’où mon conseil de le lire en une fois, afin de bien garder toutes les histoires en tête) (et j’espère que mon explication a été claire…)

C’était donc assez intéressant à lire. De plus, ces textes sont plutôt humoristiques. C’est complètement loufoque, voir impossible et on s’amuse bien à découvrir ces petites histoires.
Il serait finalement difficile de vous parler de toutes ses histoires différentes, je ne préfère pas m’y risquer. Une chose est sûre, c’est que je ne me suis pas ennuyée.

Ce fut donc une lecture agréable et je pense réitérer mon expérience avec cet auteur sans hésiter. Un petit roman assez drôle et inhabituel, que je ne peux que vous conseiller!

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Titre : L’Elégance des veuves
Autrice : Alice Ferney
Date : 1995
Nombre de pages : 160

L’Intrigue

Nous suivons le destin de trois femmes durant tout le vingtième siècle, destin rythmé par les naissances, mariages et morts. Une ode au cycle éternel de la vie.

Ce que j’en ai pensé

J’ai une relation particulière avec cette autrice…je ne suis jamais sûre de vraiment aimer ses ouvrages, je suis souvent intriguée par ses histoires, mais il m’est arrivée d’être déçue…et pourtant, je suis toujours prête à réessayer.

J’ai pris peu de risque en achetant ce tout petit livre d’occasion. En effet, il m’a coûté 1 euro, merci boulinier^^ Je me souvenais avoir vaguement vu une bande-annonce d’un film qui m’avait semblé très douce. Alors j’ai sauté sur l’occasion (c’est le cas de le dire) et je me suis lancée assez rapidement.

J’ai beaucoup aimé cette lecture. Mais vraiment beaucoup. Je l’ai lu en deux petites heures, complètement prise par le style et l’histoire. L’autrice a vraiment un style très doux, très tendre (et pourtant parfois elle raconte des choses assez terribles), mais je me suis trouvée bercée par son écriture.

Alors ici, on est loin, très loin d’un roman aux thèmes féministes. Mais alors très loin…
Forcément la maternité et le mariage, la continuité d’une famille est quelque chose qui me touche particulièrement et qui me parle. 
On parle ici du cycle de la vie : naissance, enfance, mariage, enfants, veuvage et ainsi de suite. On suit principalement trois femmes durant le siècle dernier dans un milieu très bourgeois, très catholique. Le destin de la femme est tout tracé : mariage et enfants.

Cela ne fait pas forcément rêver…Et pourtant je me suis retrouvée entraînée et attendrie par la solidité tendre de ses femmes, par leurs nombreux sacrifices qui semblent si évidents aux yeux de tous et par le bonheur de porter la vie et de soutenir des familles très nombreuses.
Aussi bien Valentine que Mathilde et Gabrielle ont des choses à nous apprendre sur la patience et l’amour absolu qu’elles portent à leurs familles et sur le lien entre la mère et l’enfant.
Alors qu’il est très court, c’est finalement bien difficile d’en parler…

Ce fut donc une belle lecture, très douce et particulière, une ode à la maternité que j’ai beaucoup apprécié. Cela m’a donné envie de lire son roman « Les Bourgeois » qui reprend une grande partie des personnages en étoffant un peu les situations. Je suis en tout cas ravie de cette lecture!

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Titre : La Porte des Enfers
Auteur : Laurent Gaudé
Date : 2008
Nombre de pages : 272

L’Intrigue

Matteo voit sa vie s’écrouler du jour au lendemain : Son petit garçon est victime d’une fusillade lors d’un règlement de compte à Naples. Son couple tente de tenir mais explose. Il n’arrive plus à trouver une raison de continuer et s’enferme nuit après nuit dans la solitude de son taxi vide à parcourir les rues de la ville.

Mais une nuit, il conduit une femme étrange qui pour paiement de sa course, lui propose de boire autant qu’il veut dans un café, lui promettant de payer la note. Il rencontre alors plusieurs personnes, dont un professeur, qui parle sans cesse du monde des morts et qui prétend connaitre les endroits où on peut y descendre.

Ce que j’en ai pensé

Alors que j’avais été assez déçue par une de mes dernières lectures de l’auteur (Eldorado auquel je n’ai pas vraiment accroché), j’ai décidé de renouer avec Laurent Gaudé en essayant ce titre que j’avais trouvé également à Boulinier.

Et j’ai bien fait, parce que j’ai retrouvé ce que j’aimais tant chez cet auteur et j’ai passé un bon moment de lecture.

Son style me plait toujours autant et sa manière de parler du deuil, de la mort, des vivants me touche beaucoup.
J’ai beaucoup aimé l’idée que nos morts « emmènent » une part de nous, de notre vie et que cela explique en partie l’énorme manque et la douleur qu’on ressent. Comme si nous et nos proches étions finalement tellement « mélangés » qu’on avait des morceaux de chaque personne qu’on aime et qui nous aime.

Ici, il s’agit de plus de la mort d’en enfant, une mort donc non-naturelle et absolument bouleversante pour tous parents.

Par contre, sa vision du monde de l’au-delà…elle est vraiment – mais alors vraiment – déprimante…je ne crois pas avoir jamais lu quelque chose d’aussi triste et désespérant que ces quelques chapitres chez cet auteur. J’ai trouvé cette manière de voir la mort vraiment amère et sans espoir.

On alterne dans le récit entre deux époques, le passé et le présent. J’ai eu un peu de mal à me situer au début, mais finalement, on comprend assez rapidement de quoi il en retourne (ou on se laisse porter, au choix).

Ce fut donc de belles retrouvailles, une belle histoire aussi passionnante que triste, avec en prime la beauté de la plume de l’auteur. Je ne peux que le conseiller à ceux qui apprécie Laurent Gaudé, ils ne seront pas déçus.