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Titre : Les douze tribus d’Hattie 
Auteure : Ayana Mathis
Date : 2012 (2014 en France)
Nombre de pages : 313

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  • L’intrigue

Hattie débarque à Philadelphie en 1923 avec sa mère et ses sœurs : elles fuient le sud et la ségrégation, après l’assassinat de son père.
Décidée à recommencer à zéro, elle épouse August et lui donnera au fil des années 11 enfants.
A travers le portrait de ses enfants, c’est le parcours de cette femme assez extraordinaire qu’on suit.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai reçu ce roman en janvier comme cadeau. J’en avais entendu parler un peu et plutôt en positif, j’avais donc été ravie!

Je me suis lancée dans cette histoire un dimanche matin, avec une vague idée de l’intrigue (histoire de famille…) mais sans autre renseignement.

Je dois dire que je ne m’attendais pas à un récit aussi amer et triste! Rien que le premier chapitre donne déjà le ton et cela ne va vraiment pas en s’améliorant. Malgré cela, je me suis plongée dedans et je l’ai lu en une journée, tellement j’avais envie de mieux connaitre cette famille.

En lisant son roman, j’avais l’impression de me retrouver dans un livre de Toni Morrison (bon, le style n’est pas tout à fait le même…mais je suis une grande admiratrice de Toni Morrison, donc je suis difficile!). Ce sont les mêmes thèmes : ségrégation, l’adaptation des noirs dans les Etats-Unis du Nord, les quartiers pauvres, le racisme…

J’ai trouvé l’écriture plutôt agréable, je tournais les pages sans peine.
De toute manière, j’ai une passion pour les romans sur les histoire de famille! J’adore ce genre de romans, où les chapitres sont des puzzles, dont on a petit à petit une vision d’ensemble!

[Attention, je parle de certains éléments de l’intrigue]

Chaque chapitre est le portrait d’un (parfois de deux à la fois) des enfants d’Hattie (sauf le dernier, sur un petit-enfant).
Et à travers ces portraits, on suit la vie de cette femme : Chacun de ses enfants a été profondément marqués par elle et par son éducation et cela se ressent dans leurs vies. Même si on pense que certains enfants s’en sortent (Alice fait un beau mariage, Bell fait des études…), on se rend vite compte qu’ils ont tout de même tous de gros soucis d’adaptation à la vie. Je ne pense pas qu’il y en a un seul qui soit vraiment heureux dans la vie (et je ne parle même pas de Six, Franklin ou de Cassie…)

Est-ce la faute d’Hattie? On peut dire que oui, mais ce n’est pas si simple.
Je pense que cette femme a vraiment fait ce qu’elle pouvait pour ses enfants, tout en essayant de maintenir la tête hors de l’eau, de boucler les fins de mois très compliquées sans l’aide de son époux et de penser tout de même un peu à elle. Elle a vraiment fait ce qu’elle pouvait. Et toujours, elle restera une femme droite et noble, malgré tous ses ennuis et ses déconvenues. Je n’ai pas pu m’empêcher de l’admirer tout de même.

Il y a des chapitres particulièrement durs.

Je pense notamment au premier, où elle perd ses premiers nés d’une pneumonie (quand on pense qu’il aurait suffi finalement de pénicilline pour les sauver…) qui va conditionner tout le roman : la mort de ses jumeaux va rendre Hattie très déprimée et dure envers ses enfants suivants, comme si elle était incapable de montrer son amour, sa tendresse et qu’elle n’était plus que capable de les élever.
Et en même temps, avec ses problèmes financiers, la situation aux Etats-Unis et ses très nombreux enfants, le plus important était la nourriture et la chaleur. Elle fournissait du mieux qu’elle pouvait cela et je pense qu’elle n’avait plus d’énergie pour le reste.

Ce n’est qu’une fois vieille, une fois sa rage de vivre (survivre?) calmée, elle a pu se poser et prendre le temps de profiter de la vie et de ses enfants, qu’elle a tout de même énormément aimé et protégé du mieux qu’elle a pu.

Le chapitre d’Ella aussi, je l’ai trouvé très dur. Hattie se retrouve enceinte à 46 ans (je crois) et ils n’ont pas de quoi nourrir cette enfant et les autres. Elle se retrouve dans la situation de « devoir donner » sa fille à sa petite sœur stérile, qui elle, désire un enfant plus que tout. Mais quelle horreur! J’ai vraiment trouvé ce chapitre déchirant et c’est un des seuls passages où August est touchant.
C’est assez drôle d’ailleurs, quand on y pense, qu’elle perde ses premiers nés et sa dernière née (même si celle-ci ne meurt pas). C’est comme si la boucle est bouclée.

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Un premier roman très agréable, j’ai beaucoup aimé le lire, malgré une ambiance assez sombre…en tout cas, je compte suivre les publications de cette auteure et je conseille son roman!

  • Extrait

Peut-être, se dit Six, n’y avait-il rien qui fût entièrement bon ou sacré. Peut-être le bien ne s’accomplissait-il que de manière indirecte et en empruntant des voies inattendues : de fausses guérisons, ou un endroit rempli d’hommes jaloux et coléreux agitant leur bible mais qui attiraient tout de même tous ces gens tristes et leur redonnaient le moral pour quelques jours. Il n’était pas impossible que Six ût l’une de ces voies, quelque chose de mauvais utilisé à des fins bénéfiques. 

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