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Titre : Libres ! Manifeste pour s’affranchir des diktas sexuels
Autrice : Ovidie
Illustratrice : Diglee
Date : 2017
Nombre de pages : 125

  • L’Intrigue

L’autrice Ovidie et l’illustratrice Diglee s’attaquent aux idées reçues et aux diktats, dont les femmes sont victimes à notre époque.
Poids, poil, menstrues, vision du couple, vie sexuelle : de manière très simple, humoristique mais franche, elles passent en revue ces thèmes en quelques pages, accompagnées de quelques dessins.

  • Ce que j’en ai pensé

Ce livre, dès que j’ai entendu parler de sa future sortie, j’ai eu envie de l’avoir entre les mains.
Diglee est une des rares illustratrices (et maintenant autrice) que je suis vaguement sur les réseaux sociaux. J’ai adoré assister petit à petit à son développement d’artiste, sa conscience féministe.

Rien que pour la soutenir dans son travail, j’avais décidé de me procurer cet ouvrage. J’étais de plus, assez curieuse de découvrir ce qu’allait contenir ce manifeste, les illustrations que Diglee avait mis en trailer semblaient vraiment intéressantes.

Je ne connaissais absolument pas l’autrice Ovidie, cela a été une découverte pour moi. Son passé d’actrice-réalisatrice de pornographie et son engagement envers le féminisme est apparemment connu, je serais maintenant plus attentive à son nom dans les médias.

J’ai vu certaines personnes en parler comme une bande-dessinée, mais je ne suis pas vraiment d’accord. C’est un documentaire pour moi, une sorte d’essai (un manifeste quoi), illustré.

Ovidie aborde donc un diktat à chaque chapitre (15 en tout sur environ 2 pages) et Diglee illustre ce diktat dans le quotidien des femmes à travers des dessins isolés et une petite planche de BD.

Ce manifeste ne se concentre pas uniquement sur la sexualité, mais sur énormément de sujets proches de la vie des femmes, comme le rapport aux poids, à ses poils, son âge, la représentation du corps des femmes, les milliers d’injonctions à la beauté ou encore ses règles.

Vaste programme donc...

C’est compliqué de faire la critique de ce livre. Très compliqué. Forcément, j’ai plein de choses à en dire, mais qui sont du cadre du privé et que –donc– je n’ai pas forcément envie de partager sur un blog publique.
Parler sexualité, couple, épilation, poids, donc que des thèmes qui fâchent, brusquent, peuvent choquer…c’est terriblement compliqué de paraître le plus neutre possible.

Mais j’ai envie d’en parler, d’inciter les lecteurs et lectrices à lire ce livre. C’est important.

De remettre les pendules à l’heure, de rappeler des faits très simples, qui sont pourtant introuvables dans les dizaines de magazines féminins qui nous incitent à être le plus jeunes possible, faire du 36 pour être beach-body-ready (je hais cette expression…), à accumuler prouesses sexuelles pour « garder » son homme et des vertes et des pas mûres et j’en passe.
Et je ne parle même pas des films, pubs et compagnie qui sont loin de représenter la femme moyenne du pays.;

Etre une femme à notre époque peut être compliquée. Bien évidemment, on vit bien mieux qu’il y a quelques années, mais l’argument de « c’est pire ailleurs et avant » ne m’a jamais énormément convaincue, puisque c’est la situation présente qui m’intéresse.

Tout le monde a des complexes, je pense que cela fait partie de l’être humain. Complexe physique, psychologique. Mais il faut dire qu’en tant que femme, on cumule tellement d’injonction, que cela en devient de la folie.
Il faut être mince, mais pas trop, avoir des formes, mais pas trop. Travailler, mais ne pas oublier d’avoir une famille. Avoir des enfants, mais pas juste un, c’est égoïste, mais pas trop, c’est égoïste, mais pas avec trop ou trop peu d’écart. S’occuper de ses enfants, mais ne pas oublier d’être une femme, une amante, une working-girl. Il faut être épilée et apprêtée tout le temps, mais également faire le ménage. Il faut allaiter mais pas trop longtemps, il faut il faut il faut….

Ce que fait Ovidie (aidé par Diglee) c’est de reprendre chacun de ses diktats, de les décortiquer, expliquer pourquoi et comment ils sont stupides. Elles permettent d’avoir une idée plus claire de ce qui se cache derrière une injonction et c’était vraiment très intéressant.

Elles aident aussi à nous faire comprendre qu’on a un choix à faire. C’est à nous de décider ce qu’on souhaite être, dans notre couple, notre vision de la beauté, notre sexualité. Il faut en prendre conscience et finalement imposer ses choix, sans prendre aux opinions des autres. Mais bien évidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire…

J »ai beaucoup apprécié le ton très franc qu’Ovidie emploie. Elle ne tourne pas autour du pot, appelle une chat un chat et n’hésite pas à être finalement très crue. Mais je pense qu’à un moment donné, il faut l’être, si on veut pouvoir avancer et évoluer. Elles ont aussi une certaine tendresse envers les femmes, leurs envies et peurs qui étaient touchantes.
J’ai été contente et soulagée de voir qu’elles enfonçaient plusieurs fois des portes ouvertes pour moi. J’ai été rassurée sur mon compte, j’avoue.

J’ai beaucoup aimé les chapitres sur les règles, l’anatomie de la femme ou encore sur ce qu’on appelle la moyenne « nationale »  (combien de fois par semaine, à quel âge commencer, la taille de l’organe…)

Ma critique part dans tous les sens…Je m’arrête là, parce que je ne désire pas entrer dans les détails du pourquoi et du comment, mais ce manifeste m’a touché et je suis ravie qu’il existe et encore plus ravie d’apprendre qu’il est déjà en rupture de stock et en réimpression. Je trouve que c’est bon signe.

 

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Ce manifeste a rempli son travail pour moi. J’aurais voulu qu’il soit plus long, qu’il reprenne encore plus de thèmes, d’idées reçues, de scandales…
Je pense qu’il est important de lire ce livre. Pour les filles et les femmes, mais surtout pour les garçons et les hommes, qu’ils comprennent, apprennent, sachent, qu’il n’y ait plus d’excuses possibles. Qu’on soit conscient, enfin des diktats sexuels de notre société.
Donc voilà, je le conseille à 100%.

  • Extrait