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Titre : Le Chat et la souris 
Auteur : Istvan Örkeny
Date : 1963 (2010 en France)
Nombre de pages : 137

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  • L’intrigue

Madame Orban, veuve de plus de soixante ans, vit seule à Budapest.

Madame Orban réalise en dialoguant avec Giza, sa soeur partie à l’étranger, qu’elle est en fait amoureuse de Viktor, un chanteur d’opéra qu’elle connaît depuis toujours et qui vient dîner chez elle tous les jeudis.
Grâce à cette révélation, Madame Orban se sent revivre. Avec sa nouvelle meilleure amie Paula, aussi sexagénaire qui l’encourage vivement, elle va reprendre goût à la vie. Mais les apparences sont parfois trompeuses.

  • Ce que j’en ai pensé

Fin janvier, j’ai eu envie de lire un petit livre à finir dans les deux jours qui restaient du mois, avant de passer à mon livre de la Book-Jar. Je suis donc tombée sur ce tout petit roman dans ma bibliothèque et je l’ai pris.

Cela fait un an que ce livre est dans ma PAL! Je l’avais reçu grâce à la Box Exploratology de janvier 2016 et même si le résumé me plaisait bien, je ne l’avais pas encore ouvert. Je suis ravie d’avoir pu découvrir ce petit livre grâce à cette box!

Et heureusement, parce que franchement, niveau couverture…ce n’est pas top.

[Petit aparté sur les couvertures]

J’entretiens un rapport assez étrange avec les couvertures, qui change en fonction de mon humeur et des couvertures en question…

Parfois je comprends tout à fait le parti prix par les maisons d’édition française dont les couvertures sont très sobres (comme la collection blanche de Gallimard pour n’en citer qu’une). Quelque part, je ne peux m’empêcher de me dire que c’est ce qu’il faut faire, que le texte doit suffire à lui-même et qu’une couverture est finalement superflue.

Mais souvent, je peste contre la « laideur » (qui bien évidemment, est subjective) de certains romans. Je voudrais que les éditeurs fassent plus d’efforts visuels afin d’aider à faire connaitre le livre. Et c’est vrai qu’une belle couverture attire l’œil, on a envie de le prendre, de l’observer et finalement de lire la 4e de couverture…c’est moins le cas si la couverture n’est pas à notre goût. 

Tout ça pour dire que j’oscille entre ses deux avis à l’opposé et que je n’arrive pas à trancher…Du coup, ceci est un paragraphe assez inutile^^

Ici en tout cas, j’aurais bien voulu une couverture un peu plus jolie. Je ne me serais pas arrêter en librairie pour le feuilleter en tout cas, ça c’est certain. 

[Fin du petit aparté]

Je suis donc assez contente de cette petite découverte. J’ai pourtant hésité un petit peu à la mettre dans la catégorie « ni agréable ni désagréable« , parce que ce n’est clairement pas le livre de l’année, loin de là, mais j’ai beaucoup aimé l’atmosphère, les échanges entre les deux sœurs et le message que l’auteur véhicule sur la vieillesse.

J’ai une sœur aînée et je suis très proche d’elle. Proche au point d’être capable de discuter des heures et des heures avec elle. Proche au point de lui avoir lu Twilight au téléphone (moi à Paris, elle a Berlin), alors qu’elle tricotait plus jeune.
Bref, on est très proche.
J’ai donc immédiatement pu m’identifier à la relation entre les deux vieilles dames. Deux sœurs très proches, qui s’écrivent, qui se téléphonent tout le temps. Bien évidemment, la vie est passée par là, elles ont pris des chemins différents, mais elles ont quand même gardé ce lien puissant, qui fait que, même si elles ne s’entendent pas parfaitement, elles ont besoin l’une de l’autre.

Il y a aussi cette atmosphère particulière qui entoure les personnes âgées. On parle souvenirs, on ressasse, on est plus lent, plus difficile dans les choix quotidiens.
Pas la peine de chercher une intrigue compliquée ou des tas de péripéties dans ce roman! C’est une histoire assez simple, plutôt banale.
Je ne me suis pas ennuyée, mais je n’étais pas passionnée non plus.

On alterne donc entre coups de téléphone ou lettres entre les deux sœurs. On peut donc partir du principe qu’il s’agit d’un roman épistolaire.

C’est avec un certain mordant ironique que l’auteur parle de la vieillesse. C’est d’ailleurs ce que j’ai préféré dans ce roman, ses réflexions sur la vieillesse (la citation que j’ai choisi résume parfaitement cette pensée).
Dans notre société, la vieillesse, c’est mal vu. On fait tout pour se rajeunir un maximum, on a des « crises » de la quarantaine / cinquantaine / soixantaine où on lâche tout pour une voiture, un conjoint plus jeune…
Nos vieux sont tous dans une maison de retraite, presque caché, tous ensemble et on essaye de ne plus y penser. J’ai vraiment l’impression qu’on part du principe que parce qu’une personne est vieille, elle a moins de raison de vivre pleinement, elle doit rester digne, respecter les codes et attendre (que ce soit le lendemain, la visite des petits-enfants toujours pressés ou la mort. Oui je fais dans le joyeux.

Ici, on s’indigne parce que cette vieille dame veut se colorer les cheveux, reprendre goût à la vie, s’amuser, aimer. Elle n’est pas sensée le faire. Elle doit rester la digne petite vieille dame aux cheveux gris qui fait le repas et va dîner une fois par semaine chez sa fille. Et c’est assez injuste je trouve. Et l’auteur va nous montrer que finalement, l’amour, qu’il soit charnel,platonique ou fraternel n’a pas d’âge.

La dernière scène m’a un peu étonnée. Je ne sais pas trop quoi en faire, comment finit le roman finalement…

 

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Un petit roman bien sympathique, qui se lit très vite et dont j’ai aimé l’ambiance un peu désuète et le message subliminal. Je peux donc vous le conseiller, par contre, je rappelle, ce n’est vraiment pas un roman-d’actions-sans-cesse.

  • Extrait

Nous voulons tous quelque chose les uns des autres. Il n’y a qu’aux vieux qu’on ne demande plus rien. 
Mais quand les vieux demandent quelque chose les uns des autres, cela nous fait rire. 

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