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Titre : Ceux qui restent 
Auteure : Marie Laberge
Date : 2015
Nombre de pages : 570

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  • L’intrigue

En avril 2000, Sylvain se suicide. Sans rien dire, sans laisser de mot ou d’explication. Il laisse ses parents, sa femme, ses amis et sa maîtresse derrière lui.
Personne ne comprend ce qui s’est passé et ce qui l’a conduit à une telle extrémité.

Mais ils vont devoir tous vivre avec cet acte, essayer d’avancer, ce qui est loin d’être simple.

  • Ce que j’en ai pensé

Je remercie Babelio et les éditions Stock pour l’envoi de ce roman lors d’un Masse Critique.

Quand j’entendais Marie Laberge, je dois honteusement avouer que je pensais automatiquement à de la littérature facile, des romans de gare en gros. Bien romantique, gentillet, l’ancienne chick-litt avant l’avènement de ce genre. Et cela ne me tentait pas. Mais le thème m’intriguait, du coup, j’ai accepté de le lire.

Et là, je suis obligée de faire mon mea-culpa, on est loin du chick-litt (un genre que je ne dénigre certainement pas, mais qui n’est vraiment pas fait pour moi…). Déjà le thème est loin d’être léger, mais le style et l’intrigue en elle-même n’ont rien à avoir.

Ce fut donc une lecture plutôt agréable, un pavé que j’ai tranquillement lu en quelques jours.

Je ne sais pas trop pourquoi, il y a quand même qui me gène…mais incapable de savoir quoi. Et pourtant j’y réfléchis depuis un moment. Le thème peut-être? Le style?
Cette gène m’a en tout cas empêcher d’adorer ce roman. Il reste tout de même une lecture agréable et j’ai révisé mon opinion sur Marie Laberge.

Le style est un peu particulier, il faut le dire, surtout quand on a les pensées de certains personnages. L’auteure ( et les personnages) sont canadiens, il y a donc des tournures de phrase, des mots et des expressions…inhabituelles pour moi on va dire!^^ Cela concernait surtout les personnages de Mélanie et de Charlène, parfois j’avais du mal à les comprendre, ce qui me bloquait dans ma progression.

J’aime beaucoup le titre « Ceux qui restent » qui est très bien choisi : ce roman traite exactement de ça. On ne parlera pas de Sylvain et de ses motivations dans ce roman, il n’y a pas de réponse. On parlera des autres.
Quand une personne se suicide, elle n’est pas toujours solitaire et isolée. Il y a toutes les autres personnes, que cela soit la famille ou les amis, ceux qui restent donc et qui vont devoir vivre avec cette décision qu’on peut qualifier d’égoïste.

Ceux qui vont retourner tous les événements dans leurs têtes, culpabiliser, être en colère, dans l’incompréhension la plus totale après le geste de leur proche.
On dit souvent qu’un suicide est une affaire « privée », qui ne regarde que celui qui le commet. Ce qui n’est pas totalement faux, mais pas vrai non plus. Parce que ses proches vont devoir continuer à vivre avec cette décision qui les touche personnellement et que le suicidé leur a imposé.

On voit donc les différents membres de la famille et des amis qui encaissent la mort de Sylvain et comment, à travers les années, ils vont apprendre à vivre avec.

Il y a Vincent et Muguette les parents. Alors que Vincent essaye de se ressaisir et de vivre coûte que coûte, Muguette perd la tête en découvrant son enfant pendu.

Il y a aussi Mélanie, la femme de Sylvain, qui va concentrer toute sa vie et son amour sur son fils. Et Charlène, l’amante, qui va continuer à « parler » à Sylvain comme une sorte de thérapie.

Mon personnage préféré reste Vincent, le père de Sylvain, qui aura la réaction la plus « saine » à mon avis. Il va passer par les différentes phases habituelles pour finir par essayer de s’améliorer et de créer quelque chose de positif à partir de l’événement terrible de perdre son enfant.
J’ai eu l’impression qu’il était le seul à se remettre en question, à essayer de comprendre. J’ai eu l’impression qu’il était le seul avec un véritable cœur et des émotions.

Charlène – avec qui j’avais un peu de mal au début – est aussi un joli personnage, plein d’interrogation mais qui va de l’avant.

Ce roman se passe sur plusieurs décennies, on suit donc le quotidien de ces quelques personnages – les parents, la femme, l’enfant et la maîtresse -, on les voit évoluer dans la vie. C’est un roman très « calme » je trouve. Il n’y a pas énormément d’actions, ce sont des tranches de vie plutôt. Cela peut sembler un peu triste et déprimant, mais il y a aussi de beaux moments de bonheur, de tranquillité (la vie en somme).

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Ce fut donc une jolie lecture, j’ai été surprise par le style et l’histoire, qui est bien plus sérieuse que ce à quoi je m’attendais. Je ne peux pas dire que ce fut un coup de cœur ou que j’ai maintenant envie de découvrir toutes les œuvres de cette auteure, mais ce fut une lecture agréable et je ne peux que la conseiller.

Je remercie encore une fois Babelio et les éditions Stock pour l’envoi de ce roman.

  • Extrait

J’ai eu envie de lire dire que tous les souvenirs de son père sont des souvenirs « en forme ».
Pas un nuage sur la photo du passé de mon fils. Pas une ride sur son visage. 
Et pourtant…toute cette belle forme a choisi d’ouvrir l’enfer pour moi. 

S’il fallait échapper à tout ce qui enlaidit la vie, à tout ce qui l’altère, la rend souffrante et surtout nous rappelle sa finitude, est-ce qu’on serait encore des êtres humains? Ou des béats hébétés et gras, ravis de se goinfrer d’une violence télévisée qui, en aucun cas, ne devrait nous effleurer?

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