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Titre : Le Royaume
Auteur : Emmanuel Carrère
Date : 2014
Nombre de pages : 630

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  • L’intrigue

Emmanuel Carrère a été chrétien durant 3 ans il y a une vingtaine d’années. Depuis sa « foi » est passée. Il décide de se plonger dans un essai sur le tout début du christianisme en s’appuyant sur les travaux des historiens.

  • Ce que j’en ai pensé

D’Emmanuel Carrère, je n’ai lu qu’un seul livre, « D’autres vies que la mienne ». Livre que j’avais adoré et où j’avais pleuré du début jusqu’à la fin je pense. Je n’avais pas retenté l’expérience.

En regardant un peu les livres attendus de cette rentrée littéraire 2014, je suis rapidement tombée sur Le royaume (facile, je crois bien avoir vu le visage de Carrère sur à peu près tous les magazines littéraires de France) et le thème m’a vraiment séduit. J’aime beaucoup lire et me documenter sur le christianisme. Le résumé ne pouvait donc que me plaire.

Quand on l’a donc reçu à la bibliothèque, je me suis empressée de mettre la main dessus.

Depuis son roman La moustache, Emmanuel Carrère n’écrit plus vraiment de fiction. Ces ouvrages sont plutôt des documentaires/ essais biographiques. L’écriture est agréable, il a du talent sans aucun doute.

C’est pour le moment le livre de la rentrée littéraire qui m’a le plus marqué. J’ai vraiment beaucoup aimé la lecture de ce livre et je ne peux que le conseiller.

Je n’ai que deux bémols :

Le premier n’en est pas réellement un en fait, je veux juste mettre les lecteurs en garde. Oui, c’est un roman très important de la rentrée littéraire, oui, on en parle partout. Mais si jamais vous ne vous sentez aucunement attiré par le christianisme et par l’histoire de comment il a été créé, je vous déconseille ce livre. Surtout qu’il fait plus de 600 pages.

C’est un ouvrage sur le christianisme est vraiment pas autre chose. Je pense qu’il est abordable par tous ceux qui ont envie de tenter le coup, même si j’avoue avoir eu certainement des facilités à comprendre et à me plonger dedans puisque j’ai l’arrière-plan culturel qui va avec. Cela aide grandement.
Vous voilà prévenu.

 

L’autre bémol, c’est que le début est un peu long à lire. On n’entre dans le « vif du sujet » qu’à partir des pages 150 ans, c’est à dire aux travaux de l’auteur sur le début du christianisme. Avant, Emmanuel Carrère nous parle de son « expérience catho » : comment elle est arrivée, a vécue et est reparti.

Il faut avouer, j’ai trouvé cela un peu long et l’auteur m’a parfois un peu agacé.
Emmanuel Carrère nous dit qu’il est devenu croyant. Franchement, après lecture de ce roman, je ne trouve pas qu’il l’ait jamais vraiment été. Il a une juste l’impression de l’être.

J’ai eu l’impression d’une personne très très malheureuse et mal dans sa peau, qui s’est plongé dans la religion pour trouver de belles solutions toutes faites à sa déprime. Bien évidemment, il s’agit de mon avis et uniquement de mon avis, mais pour moi, ce n’est pas être chrétien de faire ce qu’il a fait.

Il est devenu plus catho que le pape en gros, comme on voit les nouveaux convertis être bien plus extrémistes que ceux qui suivent cette religion depuis l’enfance.
Il a eu besoin de (se?) montrer qu’il l’était vraiment, chrétien et qu’il en a fait beaucoup trop. Et forcément, il s’est lassé, puisqu’il n’y a pas trouvé ce qu’il souhaitait, une réponse magique à tous ses ennuis.

Mais une fois passée ses 150 premières pages, j’ai vraiment beaucoup apprécié ce livre. Emmanuel Carrère a accompli un travail de titan, il n’est pas étonnant qu’il a mis 7 ans à l’écrire.

On pense souvent que le début du christianisme, c’est le Christ. Or pas du tout. Jésus était juif et n’a jamais parlé du christianisme. Le début, ce sont les apôtres et tout particulièrement Saint Paul. Tout cela s’est passé quelques années déjà après la mort de Jésus.

Franchement, j’ai trouvé cela passionnant : voir les différentes églises qui se forment, comment Saint Paul est allé à l’encontre des autres apôtres en s’intéressant particulièrement aux non-juifs, la construction de ses églises, ses textes…

Voir comment petit à petit, le christianisme (sous multiples formes) à commencer à prendre racines dans l’Empire romain, c’était vraiment bien. J’ai beaucoup aimé le fait aussi qu’Emmanuel Carrère cite toujours ses sources. C’est vraiment très bien ça. Tout comme il prévient le lecteur quand il se met à inventer.

C’est évidemment un regard assez critique que l’auteur a sur la religion, puisqu’il n’y adhère plus. Mais cela ne m’a pas dérangé plus que ça. Il y a sans aucun doute des hauts et des bas dans ce livre (et certains passages assez étranges, on se demande un peu ce qu’ils viennent faire là), mais j’ai toujours réussi à y retrouver de l’intérêt.

 

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Un roman très intéressant, certainement Un des romans de cette rentrée littéraire 2014, mais – je me répète – il faut avoir une certaine prédisposition (en bien ou en mal) au christianisme et être intéressé par son commencement, sinon, il y a un risque de désintérêt.

Si moi, j’ai beaucoup aimé le lire et que je ne me suis pas ennuyée, si vous ne vous sentez aucune affinité avec ces thèmes, passez votre chemin.

  • Extrait

La vérité, disait Paul aux Juifs et aux Grecs, c’est que tout est permis. Tout est permis mais, ajoutait-il, tout n’est pas opportun. Mangez ce que vous voulez, mais si vous vous trouvez à table avec quelqu’un à qui ses choses importent, prenez garde à ne pas le choquer. Même si les interdits qu’il observe vous paraissent des enfantillages, observez-les aussi, par respect pour lui. La liberté ne dispense pas du tact. 

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