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Durant le mois de février, j’ai eu la chance de recevoir deux livres de Babelio grâce à Masse Critique. Il ne s’agissait donc pas de romans, mais de deux essais, sur des sujets très différents :

  • Le Cantique des Cantiques de Jean-Christophe Saladin et Marc-Alain Ouaknin
  • Rouvrir de Sophie Divry

Un essai sur un grand texte de la Bible donc et un essai sur la littérature. J’ai bien aimé le premier, qui était intéressant et accessible aux débutants, mais l’essai sur la littérature a été hélas une déception pour moi, un peu trop technique.

Titre : Le Cantique des Cantiques 
Auteurs : Jean-Christophe Saladin et Marc-Alain Ouaknin
Date : 2017
Nombre de pages : 207

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Je voudrais remercier Babelio et les éditions Diane de Sellier pour l’envoi de cet ouvrage.

Je l’avais choisi lors du dernier masse critique parce que j’étais curieuse de découvrir ce grand texte sous ses différentes formes.
Ecrit entre le VIIe et VIIIe siècle avant Jésus-Christ, le Cantique des Cantiques a toujours soulevé beaucoup de questions : Pourquoi ce texte dans la Bible? Quel est son sens? Est-ce un chant nuptial? Une allégorie de la relation entre Dieu et Jésus (alors que cela a été clairement été écrit avant JC?^^)…Amour mystique ou charnel?

Pour moi, il s’agit assez clairement d’un hymne au sentiment amoureux, mais il y a plusieurs interprétations différentes en fonction de l’époque et la religion.

Cet ouvrage s’intéresse aux différentes versions de ce texte.
Il est découpé en 3 parties :
La première pose le contexte, avec l’explication du texte, ses différentes interprétations qu’on a eu au fil des temps. Une partie passionnante, puisque j’ignorais tout de l’origine de ce texte.

La deuxième partie comporte le Cantique des Cantiques lui-même, sous 7 versions/traduction différentes : les trois anciennes (hébreux, grec et latin) et les 4 nouvelles ( Bible de Jérusalem, Nouvelle Bible Segond, Bible de Zadoc Kahn et la Bible Chouraqui).

Si je ne sais pas lire les trois premières, il est tout de même agréable de pouvoir les regarder. Quand aux autres, elles permettent de voir les différentes traductions qu’on a tiré de ce texte et s’est plutôt intéressant.

Voici un exemple de page :

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La dernière partie sont des petites études sur sept mots importants du Cantique des Cantiques. On y étudie le sens et les différentes traductions qu’il existe. C’est celle que j’ai aimé le moins, elle était un peu trop digeste pour une débutante comme moi.
Par exemple, le mot « dodekha », qu’on peut traduire par « amours », « caresses » mais que certains ont décidé de comprendre sous le sens de « mamelle ».

Un livre intéressant donc, on y apprend beaucoup de choses. Il faut bien évidemment avoir envie d’en savoir un peu plus sur ce grand texte, mais je suis contente de l’avoir découvert. C’est vraiment la partie deux (donc le Cantique en lui-même) que j’ai le plus apprécié de lire.

 

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Titre : Rouvrir le Roman 
Auteure : Sophie Divry
Date : 2017
Nombre de pages : 201

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Je n’ai pas trop hésité quand on m’a proposé de recevoir ce livre. J’aime vraiment beaucoup cette auteure, j’ai lu ses trois derniers romans avec beaucoup de plaisir : La Cote 400, La Condition pavillonnaire et Quand le diable sortit de la salle de bain.

Mon préféré étant « La Condition Pavillonnaire » d’ailleurs, j’avais vraiment adoré cette lecture.

En lisant cet essai, je n’ai pas été étonnée du sujet. Dans ces romans, on voit déjà qu’elle expérimente énormément le style et la littérature. Aucun de ses romans ne se ressemblent, par la forme ou le fond.
Ils sont tous très intéressants à suivre du point de vue du style d’ailleurs : « La Cote 400 » était une sorte de monologue, « La Condition pavillonnaire » avait deux types de narration (première et deuxième personne du singulier avec l’auteure qui s’adressait à son personnage).
Quand à son dernier roman, « Quand le diable sortit de la salle de bain », Sophie Divry a décidé de s’amuser avec le style et la typographie : Il y a plein de digressions, d’interruptions dans le récit, parfois, elle créé des images avec les mots, parfois elle mène deux scènes en parallèle…

Tout cela pour dire que cet essai, qui a pour but de disséquer le roman actuel, et les différentes idées reçues qui encombrent les auteurs français, je n’étais pas surprise.

Cet essai est découpé en trois parties :
La première est une introduction, où elle défend le droit des auteurs à théoriser.
C’était une introduction très intéressante, je ne m’étais pas rendue compte qu’en effet, dans la littérature contemporaine, on ne laissait plus aux auteurs le soin de faire de la théorie, mais aux critiques. Théoriser pour un auteur fait de lui quelqu’un de pédant et orgueilleux.

La deuxième partie est celle où elle dissèque toutes les idées reçues sur la littérature et le roman.
Celui que j’ai trouvé le plus pertinent est celui qu’on part du principe qu’une fois qu’un auteur a un style ou un sujet, il n’a pas le droit d’en changer. Il faut qu’il soit reconnu facilement.

La dernière partie donne des conseils aux auteurs pour contrer ces idées reçues, sur la manière par exemple d’écrire les dialogues en fonction de la situation, ou comment jouer avec la typographie (couleurs ou taille…).

Sophie Divry est très optimiste sur le futur du roman et des écrivains français. Cela change des discours pessimistes où on enterre tout ce beau monde.

Mais…il y a un grand mais…je ne me suis pas vraiment sentie interpellée dans cet essai.  J’ai trouvée qu’elle s’adressait aux auteurs français et surtout à eux, pour les convaincre de la non-mort du roman et de se laisser aller pour découvrir différents styles. Et d’ailleurs, elle le dit clairement à un moment, elle donne des conseils aux auteurs. C’est donc une sorte d’échange auteur-auteur.
Moi, en tant que lectrice, je n’ai donc pas été touché par ce qu’elle raconte. Et clairement, elle me perdait dans ses considérations. Je ne comprenais pas tous les termes et parfois aussi, cela ne m’intéressais pas vraiment…en tant que débutante, j’ai eu du mal à accrocher.

Je pense donc m’en tenir à ses romans et j’ai hâte qu’elle sorte son prochain récit.

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