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Titre : Kafka sur le rivage 
Auteur : Haruki Murakami
Date : 2003 (2006 en France)
Nombre de pages : 619

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  • L’intrigue

Kafka Tamura a 15 ans. Il fuit sa maison et son père pour se soustraire de cette ambiance malsaine et de la malédiction que celui-ci lui a lancé. Décidé à prendre sa vie en main et à être libre, il part au hasard et se retrouve dans une petite ville où il va faire la rencontre de plusieurs personnes qui vont être capables de l’aider.

Nakata est un vieil homme simple d’esprit après un accident lors de sa jeunesse. Il vit tranquillement grâce à une pension d’handicapé et en aidant des familles à retrouver des chats. Mais, alors qu’il en recherche un, il va tomber sur une personne étrange.

Ces deux personnes qui ne se connaissent pas, qui ont une vie complètement différente, vont pourtant voir leurs destins se rapprocher.

  • Ce que j’en ai pensé

Je n’ai absolument aucune idée de comment et pourquoi ce roman est arrivé dans ma PAL. Je pense qu’il s’agit d’un pilon de la bibliothèque, parce que je suis sûre de ne pas l’avoir acheter!
Depuis que j’ai commencé mon opération « on-baisse-la-PAL », ce roman me faisait de l’œil. Je connais Haruki Murakami grâce à sa trilogie 1Q84 ( que j’avais bien aimé dans l’ensemble, même si la fin m’avait déçue) et son documentaire Underground (que j’avais beaucoup aimé).
Sans être un de mes auteurs favoris, j’ai passé de bons moments de lecture avec lui et j’avais bien envie de retenter l’expérience.

Un petit mot sur l’objet livre lui-même. Je me suis rendue compte que j’avais peu de livres de la maison d’édition Belfond et que je connaissais assez mal leurs livres. Il est très agréable à tenir en main, je trouve que le papier est beau et les pages toutes fines, c’est un bel objet! On ne s’en rend pas compte en voyant le livre, mais c’est tout de même un sacré pavé mine de rien!

J’ai passé un bon moment avec ce roman, j’ai même ralenti mon rythme de lecture pour le savourer et ne pas le terminer trop vite! Cela a été une jolie lecture!

J’ai découvert que j’aimais beaucoup l’écriture de Murakami dans ce roman : très douce, calme, les phrases glissaient toutes seules tranquillement et sans peine.
C’est un roman d’apprentissage ou se mêle aussi une part de fantastique, comme souvent dans ses romans. J’ai parfois été un peu gênée par le côté fantastique, qui allait un peu dans le n’importe quoi parfois, mais cela ne m’a pas dérangé plus que cela.

On suit donc deux personnages principaux, chacun à le droit à son chapitre l’un après l’autre : Kafka dans sa fugue et la nouvelle organisation de sa vie et Nakata, un vieil homme simple d’esprit qui a un don pour retrouver les chats.

Je ne veux pas trop vous parler de l’intrigue, mais voici quelques points que j’ai noté :

J’ai très nettement préféré les chapitres qui traitaient de Kafka. J’ai particulièrement aimé les moments où il se retrouvait dans la forêt, moments plein d’une certaine grâce. C’est une sorte de fantasme, de se retrouver au milieu de la nature, avec pour seule occupation les livres et la méditation. Fantasme que je ne serais même pas sûre d’apprécier, sans facilité et commodité de la vie courante ( on a beau dire les toilettes et la douche, c’est magique d’une certaine manière…)

J’ai été par contre assez étonnée de la présence de scènes un peu chaudes – on va dire – mais en me rappelant sa trilogie, j’ai été moins surprise. J’ai toujours du mal avec ce genre de scène quand on ne s’y attend pas.

De plus, en tant que bibliothécaire, je ne pouvais qu’être sensible à l’hommage que Murakami rend à ces lieux grâce à Kafka. On a qu’une seule envie, c’est d’aller visiter cette bibliothèque, de s’y promener, d’y passer une matinée ou deux.

Il parle des bibliothèques et des livres avec beaucoup d’amour et de respect, on voit que c’est quelqu’un qui prend plaisir à y aller et qui connait la valeur qu’elles peuvent avoir. Il est également agréable de lire un roman où les bibliothécaires ne sont pas les affreuses caricatures que beaucoup ont en tête!

J’aime les nombreuses références culturelles qui parsèment le roman, qu’elles soient littéraires, historiques ou encore musicales. J’ai d’ailleurs pu découvrir le Trio à L’Archiduc de Beethoven grâce à ce roman, c’est absolument génial!

J’ai par contre été un peu déçue par la fin du roman…trop de mystère tue le mystère on va dire…J’aurais voulu avoir plus de réponses concrètes, des explications claires, mieux comprendre ce qui s’était réellement passé. Là, j’ai l’impression qu’il me manque un morceau de l’histoire et c’est assez agaçant. Mais j’avais déjà eu ce sentiment avec 1Q84, je ne suis donc pas trop surprise par la fin non plus, cela fait partie de l’univers de l’auteur on va dire…

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Un roman qui m’a donc bien plu, malgré une fin un peu décevante (mais pas étonnante de la part de l’auteur, donc je ne suis pas plus surprise que cela) avec des personnages haut en couleur et une écriture toujours aussi agréable.
Je pense essayer d’autres romans de Murakami une fois ma PAL plus raisonnable et je ne peux que vous le conseiller.

  • Extrait

L’atmosphère de la bibliothèque déserte, tôt le matin, me comble de bonheur. A l’idée de tous les mots, de tous les mondes imaginaires qui reposent paisiblement dans ces pièces, je déborde du désir de préserver la beauté et l’harmonie du lieu. J’interromps de temps en temps ma tâche pour contempler les livres silencieux alignés dans les rayons, et je tends la main pour toucher leurs tranches.

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